CIRCONCISION DE JEAN-BAPTISTE

 

Jean-Baptiste qui n’était encore que le petit Jean, naquit probablement le 3 juillet de l’an -5 et fut circoncis le 10 juillet.

Ce jour-là, les hommes de la famille voulaient le prénommer Zacharie en affirmant au papa : « tu te fais vieux, il faut donner ton nom à ton fils ! »

- Certainement non, affirme Elisabeth, son nom est Jean. Il est un témoignage de la puissance de Dieu.

- Mais il n’y a jamais eu de Jean dans la famille... qu’en dis-tu Zacharie, tu veux qu’il porte ton nom n’est-ce pas ?

Mais Zacharie hoche négativement la tête. Il se fait donner une tablette et écrit : « Son nom est Jean »

Immédiatement voici que sa langue se libère et qu’il ajoute :

(Luc 1 68)Œ

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, de ce qu’il a visité son peuple, opéré son rachat et nous a suscité une puissance de salut dans la maison de David son serviteur, selon qu’il l’avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes des temps anciens, pour nous sauver de nos ennemis et de la main de tous ceux qui nous haïssent, pour faire miséricorde à nos pères et se souvenir de son alliance sainte, du serment juré  à Abraham  notre père, de nous accorder que, délivré de la crainte de nos ennemis, nous lui rendions un culte en sainteté et justice, devant lui, durant tous nos jours ...

Il se tourne vers le petit Jean,

... Et toi, enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer ses cheminsŽ, pour donner à son peuple la connaissance du salut par la rémission de ses péchés, grâce aux sentiments de miséricorde de notre Dieu,  par lesquels va nous visiter l’Astre levant d’en haut, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort, pour diriger nos pas vers un chemin de paix. »

Le miracle et la profonde exhortation du prêtre ont frappé l’assistance de stupeur. Dès les premières paroles, Elisabeth a poussé un cri de joie et s’est jetée dans les bras de Marie ... Dieu vient d’ouvrir le grand secret à Zacharie. Toutes deux laissent couler des larmes de joie.

On confie le bébé au rabbi et à ses assistants pour la circoncision. Quand on le rapporte, le petit Jean hurle à pleine voix et se débat plein de vigueur. Elisabeth tente de le calmer en lui donnant le sein mais sans résultat. Marie le prend alors dans ses bras. Il se tait et cesse de gigoter presque instantanément, ce qui ne manque pas de frapper l’attention des femmes présentes.

Cependant, les gens s’en vont lentement et la salle se vide. Il ne reste bientôt que Elisabeth, Marie portant l’enfant dans ses bras et Zacharie qui raccompagne les derniers partants et ferme la porte. Il revient vers Marie, des larmes plein les yeux. Lui le vieux prêtre du temple à Jérusalem s’agenouille humblement devant sa toute jeune cousine :

- Marie... Bénis le pauvre serviteur du Seigneur... Tu peux le faire, tu le portes en toi. Dieu m’a parlé, j’ai reconnu mon erreur et j’ai cru à tout ce qu’il m’a dit. Je te vois, je vois ta destinée grandiose et j’adore Dieu l’Eternel qui est en toi. Tu es bénie, toi qui donnes au monde son Sauveur. Pardonne à ton serviteur de n’avoir pas vu ta majesté et ta plénitude de grâce sanctifiante, toi la mère de Dieu, la vierge annoncée par les prophètes pour donner Dieu à son peuple ».

Marie sourit, humble et douce :

- Louange à Dieu, à Lui seul. Prie pour moi prêtre du Seigneur car mon cœur tremble. Je regarde les hommes. Je les aime. Mais derrière leurs visages je vois l’Ennemi ... Oui, prie pour moi prêtre de Dieu, être la mère du Rédempteur est un destin d’atroces douleurs.

 

Œ Ce passage est appelé « le cantique de Zacharie »

 Zacharie évoque là les annonces prophétiques du Rédempteur. Cette première partie de son cantique montre que l’Esprit Saint vient de lui ouvrir les yeux du cœur dans son regard sur Marie. Il vient de « comprendre » que sa très jeune cousine porte Le Sauveur.

Ž Référence aux prophéties sur le précurseur du Messie.